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L’auto-édition

Dernièrement, je lis et entends beaucoup de choses au sujet de l’auto-édition. Certaines sont flatteuses et d’autres, bien moins. Aussi étrange que cela puisse paraître, je comprends très bien la plupart des arguments négatifs, et ce malgré mon statut d’auteur indépendant. Malgré tout, j’aimerais m’exprimer sur certaines choses liées à l’auto-édition.

Je vais surtout revenir sur celles qui me concernent, et vous parler du type d’auteur / personne que je suis. Non pas pour me défendre (je ne me sens absolument pas visée par la plupart des commentaires désobligeants que j’ai pu lire) mais pour montrer que non, nous ne sommes pas tous pareils. Alors…


JE SUIS AUTEUR AUTO-ÉDITÉ

Vous le savez, j’ai choisi l’auto-édition pour publier mes quatre romans et je continuerai ainsi pour les suivants. Je fais donc tout de A à Z avec l’aide de certaines personnes pour la correction de mes textes et la création de mes couvertures. Je suis également seule pour faire ma promotion et me vendre, je n’ai pas l’aide d’une maison d’édition et je pourrais faire ce que la plupart des lecteurs n’aiment pas : envoyer des e-mails impersonnels en masse et forcer mes livres dans vos bibliothèques.

Eh bien, non, vous ne recevrez probablement jamais un message de ma part vous proposant (imposant) un service presse. Vous pouvez m’en demander un (je ne fais pas de SP papier, je n’en ai pas les moyens) et me faire une demande via SimPlement, mais je ne viendrai pas vers vous et ce n’est pas parce que je ne veux pas que vous me lisiez, c’est juste que j’ai peur de vous déranger…
Aussi, si vous allez sur mes réseaux, vous ne me verrez jamais (ou rarement, et pas aussi directement) vous dire « allez lire mon livre, achetez-le », simplement car j’aurais l’impression de forcer les choses. Ma promotion, je la fais avec difficulté et je m’en sors (à peu près) seulement parce que mes lecteurs sont formidables et parlent mieux de mes livres que je ne le fais moi-même.

Vous l’aurez compris, je suis loin d’être comme ces gens qui vous harcèlent et vous ennuient tant… Mais je suis différente sur un autre point car…


J’ACCEPTE LA CRITIQUE

Un autre point négatif qui revient souvent : l’agressivité de certains auteurs indépendants et leur incapacité à accepter la critique. J’aimerais commencer par dire que ce n’est pas un problème lié à l’auto-édition mais un défaut humain. Je crois me souvenir d’une blogueuse qui s’est faite descendre publiquement par un auteur, car elle a osé dire qu’elle n’aimait pas son livre. Il a pris un certain plaisir à montrer à ses abonnés Facebook comme cette lectrice n’avait apparement rien compris (elle avait très bien compris, juste pas aimé, nuance, et sa chronique était d’excellente qualité). Eh bien, cet auteur n’était pas un indépendant…

Être déçu ou triste face à un retour négatif, c’est parfaitement normal. On ne peut décemment pas exiger d’un auteur qu’il saute de joie quand il voit qu’un lecteur critique son travail. Je connais peu de personnes qui aiment être critiquées. Pour autant, quand on publie ses mots, on accepte qu’ils appartiennent alors à tous et qu’ils soient lus, aimés, détestés, jugés, critiqués… c’est le jeu. On peut mal vivre un retour mais rien ne nous donne le droit d’agresser verbalement un lecteur.

Personnellement, aussi dure que soit la critique pour l’hypersensible que je suis, je pense qu’il est difficile d’avancer sans. Ce sont les remarques négatives sur mes romans qui m’ont permis d’évoluer et qui m’aident à m’améliorer jour après jour. Mon travail est imparfait parce que je suis moi-même imparfaite et j’ai besoin de ces critiques pour corriger ce que je peux.
Bien sûr, il y a la manière de le dire. Certains chroniqueurs gagneraient à apprendre la définition du mot respect. Parfois il n’est même plus question d’honnêteté mais bien de méchanceté. Je pense que ce n’est pas toujours l’auteur qui est en tort. Je n’ai jamais été confrontée à ce genre de problème, mes lecteurs mettent généralement les formes et savent exprimer correctement ce qu’ils n’ont pas aimé, mais je sais que ce n’est pas le cas de tous. Peut-être qu’il faudrait que tout le monde se remette un peu en question, non ?

Quoi qu’il en soit, les chroniques sont forcément subjectives puisqu’elles sont propres à chacun, au vécu et aux émotions. Ce qui est relevé positivement par l’un peut l’être négativement par un autre. Chacun ses goûts ! Au lecteur de comprendre que ce n’est « pas mauvais » mais qu’il n’a juste « pas aimé » (la base de l’éducation, en fait…) et à l’auteur de réaliser qu’il ne peut pas plaire à tout le monde. Mais ça ne veut pas dire que notre travail est mauvais pour autant. Attention à ne pas tout mélanger. Les auteurs indépendants sont bien des auteurs. Oui, je suis auteur et…


JE MÉRITE D’ÊTRE LUE

J’ai mis du temps à me mettre ça dans la tête et aujourd’hui encore, après quatre romans, mes lecteurs et mes amis doivent parfois me rappeler que je ne suis pas sans valeur
Mon écriture est loin d’être parfaite, j’espère m’améliorer encore au fil des livres, mais je crois avoir une plume agréable et être en mesure de faire ressentir des choses à certains lecteurs. Parce que je ressens moi-même énormément, tout simplement.

J’écris ce que je veux lire, je fais ce qui me plaît et qui plaît donc aux lecteurs qui me ressemblent (ou sont en tout cas sensibles à mes mots). J’aborde des sujets importants, certains auxquels personnes ne veut se frotter, et je le fais avec neutralité. J’essaie de faire évoluer les mentalités comme d’autres auteurs m’ont fait évoluer, moi. J’essaie de faire ressentir des choses, j’essaie d’être vraie dans mes écrits et de m’éloigner de tout ce que je déteste dans la littéraire (bye bye clichés). En bref, j’ai mon style et mes idées, et rien n’est à jeter. Je l’ai enfin compris.

En tant que lectrice et blogueuse, je n’ai aucun mal à me mettre à la place des lecteurs qui refusent de lire des auteurs indépendants parce que j’ai moi-même rencontré les problèmes qu’ils mentionnent : trop de fautes, histoire vue et revue, personnages sans saveur, style d’écriture lourd… Oui, je ne suis pas fan de tous les textes que j’ai lus en auto-édition et j’ai parfois quelques réticences à ouvrir un livre auto-édité à cause de ces mauvaises expériences. Ironique, non ?
Alors je comprends ce sentiment, mais là encore, c’est pour tout pareil. Si vous pensez que tout ce qui sort via le circuit traditionnel est forcément bon, vous vous trompez lourdement parce que…


ÊTRE PUBLIÉ PAR UNE MAISON D’ÉDITION N’EST PAS TOUJOURS GAGE DE QUALITÉ

Si on pourrait penser que je m’adresse ici aux lecteurs, il n’en est rien, mes mots sont en fait pour les auteurs ; les auteurs indépendants qui sont en auto-édition par défaut. Ces mêmes auteurs qui, pour se rassurer, laissent entendre que c’est un choix, qu’ils aiment leur indépendance. Ces auteurs qui vont jusqu’à dénigrer les maisons d’édition tout en continuant à leur envoyer des manuscrits. Ces auteurs insultants qui se jetteront sur le moindre contrat qu’ils recevront, qu’importe de qui il vient, pour peu que ce soit une maison d’édition…

J’aimerais dire à ces auteurs à deux facettes, que celle qui est persuadée qu’une publication traditionnelle est indispensable pour montrer sa valeur se trompe lourdement. Cela ne témoigne pas toujours de la qualité de votre travail, parfois cela montre juste votre faculté à vous glisser dans une ligne éditoriale précise.

Ce n’est pas le cas pour tous, certains auteurs sortent du lot, certaines maisons d’édition publient un catalogue très variés, etc., mais beaucoup d’autres publient vingt copies d’un même livre où seuls quelques détails changent. Pourquoi croyez-vous que tant de lecteurs sont lassés et se tournent vers l’auto-édition ? Parce qu’ils sont fatigués de ces livres formatés qui se ressemblent tous, parce qu’ils veulent de l’originalité, du non censuré… ils veulent autre chose !

Fort heureusement, ce n’est pas le cas de toutes les maisons d’éditions et il y en a encore qui proposent des choses uniques et variés tout en suivant leur ligne éditoriale, en gardant cette « patte » qui plaît tant à leur lectorat. Mais je me devais de rappeler que toutes n’ont pas ce mérite et qu’il n’y a clairement pas que du bon dans le circuit traditionnel, tout comme dans l’auto-édition. C’était important pour moi de le dire car cela devient agaçant d’entendre que nous ne sommes pas de vrais auteurs sous prétexte que nous avons choisi de ne pas être enchaînés à une maison d’édition. Sachez que…


JE NE SUIS PAS « UNE REJETÉE DES MAISONS D’ÉDITIONS »

Je ne suis pas auto-éditée parce que personne n’a voulu de moi, je le suis parce que j’ai choisi de l’être. Je ne suis pas comme ces auteurs cités plus haut ; je ne crache pas sur l’idée d’être publiée par le circuit traditionnel mais pas à tout prix. J’ai envoyé ‘Pardon’ à plusieurs endroits, sans trop savoir, pensant moi aussi à ce moment qu’être publiée ainsi était la seule façon de prouver que je valais quelque chose. (Comme si quelqu’un pouvait dire mieux que mes lecteurs si mes écrits, si mon âme et mon coeur ont de la valeur…) Mais mes pensées ont évolué et j’ai compris qu’il n’était pas nécessaire d’en passer par là pour avoir de la légitimité. Pour autant, je ne suis pas fermée à l’idée de travailler au sein d’une « famille », avec d’autres personnes. Juste pas à tout prix.

Certains penseront sûrement que ce ne sont que des mots, que je souhaite, au fond de moi, être publiée ainsi, plus que tout. Ils se trompent ; si je l’avais voulu, je serais aujourd’hui publiée via le circuit traditionnel.

J’ai été abordée par une petite maison d’édition pour publier ‘Pardon’, j’ai refusé par envie de rester indépendante à ce moment. J’ai reçu ensuite un contrat, toujours pour ‘Pardon’, que j’ai aussi décliné car il ne me convenait pas. Et à partir de ‘Le langage des fleurs’, j’ai ciblé les maisons d’édition à qui j’envoyais mes manuscrits. J’ai envoyé mon second roman à trois d’entre elles seulement et une a souhaité l’accueillir dans son catalogue, un leader de la romance en France. Mais j’ai dû refuser car, là encore, les conditions ne me convenaient pas. C’était peut-être un mauvais choix, peut-être qu’être sous cette grande « enseigne » m’aurait été bénéfique, mais en dépit de l’affection que j’ai pour cette maison d’édition (je suis une de leur fidèle lectrice), leur proposition n’aurait pas plu à mes lecteurs et ils sont ma priorité.
Pour ce qui est de ‘Sous le même ciel’, je ne l’ai envoyé à personne car la seule maison d’édition où je le voyais figurer, ne prenait plus les manuscrits. Quant à ‘Hyacinthe’, il n’a été envoyé qu’à une maison d’édition, tout récemment.

Je pense que vous avez compris où je veux en venir. Je ne suis pas en auto-édition par dépit, mais bien par choix. Et je suis fatiguée de m’entendre dire que parce que J’AI refusé des propositions, je ne suis pas un vrai auteur. Je suis fatiguée de lire que je ne fais pas du travail de qualité quand mes lecteurs vont de coup de coeur en coup de coeur avec mes livres. N’est-ce pas leur manquer de respect que de dire que ces mêmes livres qui les ont tant fait vibrer, ne sont pas de vrais livres ? N’est-ce pas me manquer de respect, à moi, que de dire que le coeur que je mets dans mes écrits et les heures passées dessus n’ont pas de valeur ?

Peut-être que mon honnêteté me fera passer pour une personne prétentieuse… c’est dommage, je suis loin d’être ce genre de femme et je pense être plutôt juste à mon sujet (à tendances sévères), mais tant pis. Je prends le risque car toutes ces choses dites sur mes collègues et moi commencent à me peser.

Que vous ne lisiez plus d’auto-édités, je le comprends. Je ne lis presque plus de romance parce que je suis agacée par toutes ces histoires qui se ressemblent, je suis donc bien placée pour comprendre que quand on a été déçu, c’est dur de s’y remettre, mais ne mettez pas tout le monde dans le même panier. C’est comme pour toutes choses, ce n’est pas parce qu’on entend plus le négatif qu’il faut généraliser et penser qu’il n’y a que du mauvais. Il y a du bon dans l’auto-édition, du très bon.

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Voilà plus ou moins tout ce que j’avais à dire sur l’auto-édition. J’aimerais que vous ne preniez pas mes mots autrement que comme je les ressens. Je ne dénigre personne, ni l’auto-édition, ni l’édition classique ; je ne pense pas qu’il y en ait un meilleur que l’autre. Je me sens plus à l’aise de manière indépendante, même si c’est extrêmement dur de tout gérer (surtout quand on nous fait autant de mauvaise publicité, il faut le dire) mais je ne suis absolument pas contre les maisons d’édition. Elles font un travail formidable et nous proposent des ouvrages magnifiques ! Je n’ai pas besoin de les enfoncer elles pour faire briller l’auto-édition, nous pouvons marcher côte à côte sans aucun problème.

P.S. : Savez-vous que certains auteurs étrangers très connus en France sont publiés par une maison d’édition française mais sont en auto-édition dans leur pays ? Je pense notamment à Brittainy C. Cherry qui a écrit la très populaire série Elements. Ou Colleen Hoover qui a choisi l’auto-édition pour son livre ‘Too Late’. Mon genre de prédilection est la romance, je ne sais pas ce qu’il en est des autres, mais de ce côté là, je peux vous dire que la plupart des succès en France ont été auto-publiés dans leur pays d’origine et qu’il y a des perles pas encore sorties en France. D’ailleurs, l’auto-édition est beaucoup mieux accueillie dans les pays anglophones, de ce que j’ai pu voir, il serait peut-être temps de nous y mettre aussi ? ; )

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